Les financements conventionnels des entreprises

Par Robert Kanyamanza

1. La marge de crédit ou financement bancaire

Qu’elle soit en démarrage ou en expansion, une entreprise a besoin d’argent pour nourrir ses projets. Le financement d’une entreprise doit couvrir chacun des éléments nécessaires à son fonctionnement : fonds de roulement, dépenses courantes, outils, équipements, bâtiments, brevets, etc.

Les modes de financement de l’entreprise

Pour faire face à ses besoins, l’entreprise doit choisir parmi les divers modes de financement ceux qui correspondent aux besoins à couvrir. Ainsi, elle aura besoins de ressources à long terme, pour assurer le financement de ses investissements, et de disposer d’un fond de roulement et de ressources à court terme, pour financer son exploitation.

Donc, une fois les besoins établis, il est important de déterminer quelle source de financement pourra combler chacun d’entre eux. C’est ce que l’on appelle le « montage financier », souvent présenté sous la forme d’un tableau. Il est essentiel que dans ce montage financier, chacun des besoins de l’entreprise soit comblé.

Le financement constitue une étape cruciale dans un projet de démarrage ou de développement d’entreprise.

En tant qu’entrepreneur, l’on doit prévoir une protection contre les découverts et envisager les dépenses qui assurent le bon fonctionnement de l’entreprise.

Ayant établi un bilan de démarrage, il faut faire l’analyse de chacun de ses 4 volets constituants. Ainsi, l’on examine de très près le côté passif du bilan d’une entreprise, on regarde le court terme et le long terme.
Nous allons passer en revue les différents moyens de financements les plus populaires et courants et à la portée des entrepreneurs. Nous allons détailler sur le :

Ø  Le financement bancaire ou la marge de crédit

Ø  Le prêt à terme

Ø  Le prêt subordonné

Ø  Les actions privilégiées

Ø  Les actions ordinaires

Ø  Le financement par autofinancement

Ø  Le financement par augmentation de capital

La Marge de crédit ou Financement bancaire

Une marge de crédit  sert à financer les inventaires et les comptes clients, pour profiter d’escomptes offerts par les fournisseurs et protéger l’entreprise contre les risques d’insuffisance de fonds ou pour répondre à des besoins spécifiques. Elle est généralement renouvelable d’année en année par l’institution financière fournisseuse. Une marge  est basée sur un % de comptes client et de stocks, habituellement de 75 à 80% pour le premier et jusqu’à 50% pour le second (matières premières et produits finis)

On va regarder maintenant l’analyse d’une demande de crédit bancaire.

Voici les 4 grands critères considérés par une banque lors d’une demande de crédit bancaire ou marge de crédit :

Le but de l’emprunt : la banque veut savoir à quoi vont servir les fonds qu’elle prêtera à l’emprunteur. Est-ce pour le FDR (fonds de roulement), l’expansion etc.? Son but est d’arriver à déterminer les termes et conditions du prêt de même que les garanties requises qui seront acceptables aux deux parties.

Il est important de souligner que les avances bancaires ne peuvent avoir pour objet de fournir du capital de risque ou de financer des pertes d’opérations passées. De plus, lorsqu’il s’agit de financement dans le secteur technologique impliquant une innovation qui n’a pas encore fait ses preuves et où les garanties sont quasi inexistantes, les banques sont extrêmement exigeantes envers ce type de clients.

Le remboursement de l’emprunt : le financement bancaire est normalement pour des besoins à CT (courts termes). Les besoins peuvent se renouveler mais ça doit rester liquidable. Si la banque juge la capacité de remboursement trop aléatoire, elle peut refuser d’octroyer un prêt. Les banques examinent aussi la capacité de remboursement de la dette à LT (longs termes), même si elles ne se perçoivent pas du tout comme un prêteur à LT.

Généralement, les banques ne veulent pas dépasser 2 fois l’avoir des actionnaires et vont exiger un ratio minimum pour le FDR.

La qualité de l’emprunteur : cela est très important pour la banque et pour les PME, elle va même tenir compte de la situation financière des propriétaires de l’entreprise. Elle pourrait exiger des cautions et/ou des garanties personnelles. Elle prendra aussi en considération la compétence des gestionnaires et leur crédibilité dans le marché.

Les garanties offertes : le but de cela pour le prêteur, c’est de pouvoir se rembourser advenant une crise financière chez l’emprunteur. Différents pays ont, pour les marges de crédit bancaires, différentes législations garantissant  les banques et autres institutions financières l’assurance de leurs prêts, ces exigences touchent bien souvent les stocks et les comptes client. Il s’agit souvent  d’une garantie sans dépossession c’est-à-dire que les biens donnés en gage restent physiquement sous la garde de l’emprunteur.

Le taux d’intérêt de la marge :

Ce dernier est établi après analyse complète du dossier et est fixé en fonction du risque tel que perçu par la banque. Il est généralement égal au taux préférentiel de la banque + une prime. Cette dernière peut être réévaluée annuellement selon la modification du degré de risque perçu par la banque.

La nature des garanties :

Cela peut être des biens dont la garde est laissée à l’emprunteur comme on l’a vu précédemment (C/R, stocks);

Cela peut aussi être des biens placés physiquement sous la garde de la banque (valeurs mobilières);

Cela peut être des garanties qui portent sur les biens de l’entreprise;

Ou bien cela peut être des garanties fournies par les actionnaires/dirigeants de l’entreprise.

Dans ce processus, il ne faut pas perdre de vue le rôle et l’importance du directeur de comptes ou notre contact financier au niveau de l’institution financière prêteuse selon son rang dans la hiérarchie d’autorisation. Cette personne peut être notre allié si on gère bien et de manière transparente notre relation avec elle.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *