THEORIE & PRATIQUE DES INTRODUCTIONS EN BOURSE

Les motivations d’une introduction en bourse

Deux familles de théories expliquent les introductions en bourse :

  • la première utilise des arguments financiers: la dette est trop importante ou trop coûteuse pour financer de nouveaux projets, la cotation peut favoriser l’acquisition d’autres entreprises, et elle permet aux fondateurs de diversifier leur patrimoine.

  • la seconde se fonde sur des questions de marketing et d’information: les sociétés cotées intéressent davantage les analystes financiers, et elles peuvent également être mieux reconnues par leurs clients.

Les chefs d’entreprise interrogés, dans le cadre d’une étude de la Birgham Young University sur les introductions en bourse, mettent en avant le souhait d’utiliser les actions cotées pour de futures acquisitions comme principale motivation des introductions. En revanche, les arguments de structure du capital (notamment de coût de la dette) sont moins souvent cités.

La sélection de la société conseil

Le principal critère de choix de la société conseil (en général une Société de Gestion et d’Intermédiation agréée dans la zone UEMOA pour ce qui est de notre marché financier l’Afrique de l’Ouest) par les chefs d’entreprise est la réputation de l’institution. Ceci conforte les théories attribuant à l’émetteur un rôle dans la réduction des asymétries d’information, la confiance des souscripteurs en la banque émettrice compensant leur mauvaise connaissance de la société introduite.

En revanche, la base de clientèle de la banque, ainsi que les services annexes qu’elle peut fournir à la société introduite, sont considérés comme des critères de choix secondaires.

Le pricing

Les raisons de la sous valorisation (underprincing) des introductions en bourse restent incertaines et font l’objet de nombreuses théories. Les chefs d’entreprises reconnaissent une sous valorisation moyenne d’environ 10%, expliquant la bonne performance des titres le premier jour de leur cotation.

Ils considèrent en majorité qu’il s’agit d’une juste rémunération pour le risque pris par les souscripteurs, conformément à la théorie des asymétries d’information. L’autre théorie qui a la faveur des chefs d’entreprises est celle de l’attractivité envers les institutionnels.

D’autres auteurs ont suggéré que cette sous valorisation avait pour but de se substituer aux coûts de marketing de l’introduction, mais moins de 10% des chefs d’entreprises soutiennent cette idée.

INSCRIPTION DES SOCIETES A LA COTE DE LA Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM)

L’admission à la bourse est l’ultime maillon de la chaîne de financement pour les entreprises. Elle constitue une décision stratégique à long terme nécessitant une bonne préparation.

L’inscription d’une société à la cote de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) est subordonnée à la satisfaction des conditions suivantes :

  • Être constituée sous la forme de société anonyme ;

  • L’engagement écrit de la société (désignée comme l‘émetteur) de diffuser les informations requises par la Bourse, notamment la publication des comptes annuels au Bulletin Officiel de la cote (BOC) et de participer à l’organisation du marché ;

  • L’engagement écrit de l’émetteur de se soumettre à la règlementation de la BRVM.

Pour demander son inscription à la cote de la BRVM, la société candidate doit mandater une Société de

Gestion et d’intermédiation (SGI) qui l’assistera et la conseillera.

Une fois le dossier de demande complet reçu, la Bourse régionale décide de l’admission de la société et transmet une copie du dossier au Conseil Régional de l’Epargne Publique et des Marchés Financiers (CREPMF) pour l’avis requis.

La société cotée a entre autres responsabilités :

  • La gestion de l’encadrement réglementaire et des relations avec les investisseurs, l’organisation des assemblées annuelles des actionnaires, etc. ;

  • L’information à la bourse et au public de tout fait nouveau ou modification susceptible d’influer de manière significative sur le cours de ses titres.

MARCHE DES ACTIONS ET DES OBLIGATIONS

A ce jour, la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières dispose de deux compartiments pour les actions et d’un compartiment unique pour les emprunts obligataires.

Pour être admise au premier compartiment, la société doit répondre aux conditions suivantes :

  • présenter une capitalisation boursière égale ou supérieure à 500 millions de francs CFA ;

  • avoir une marge nette sur chiffre d’affaire sur chacune des trois dernières années de 3% ;

  • présenter 5 années de comptes certifiés ;

  • s’engager à signer un contrat d’animation de marché ;

  • diffuser dans le public au moins 20% de son capital, dès l’introduction en bourse ;

  • s’engager à publier les estimations semestrielles des chiffres d’affaires et les tendances de résultats.

Au second compartiment, l’admission de la société se fait aux conditions suivantes :

  • présenter une capitalisation boursière égale ou supérieure à 200 millions de francs CFA ;

  • présenter 2 années de comptes certifiés ;

  • s’engager à signer un contrat d’animation du marché ;

  • s’engager à diffuser dans le public au moins 20% de son capital dans un délai de deux ans, ou 15% en cas d’introduction par augmentation du capital.

Le compartiment obligataire -titres de créance- est accessible aux emprunts obligataires dont le nombre total de titres à l’émission est supérieur à vingt cinq mille (25000), et représentant un montant

nominal au moins égal à cinq cent millions (500 000 000) francs CFA.

Le projet de création d’un compartiment réservé aux PME à fort potentiel de la zone UEMOA, divulgué depuis plusieurs années et ralenti par la crise post-électorale en Côte d’Ivoire, semble bien avancé selon les mots du nouveau Directeur Général de la BRVM, le togolais Edoh Kossi AMENOUVE, un fin connaisseur du marché financier ouest africain.

Auteur Guy AGBEDAN

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