INTERVIEW DE Mr BALLET KOSSI

Bonjour Monsieur BALLET , Le Nouveau Manager vient vers vous.

Le Nouveau Manager (LNM) : Veuillez-vous présenter?

Mr BALLET  : Je suis BALLET Kossi, je suis mécanicien garagiste à Houéyiho 1 à Cotonou. Je suis Mécanicien Auto de formation.

LNM : Le Magazine Le Nouveau Manager est venu vers vous pour que vous nous parliez de votre parcours

Mr BALLET : Rien ne me prédestinait à devenir mécanicien garagiste. Après mes études secondaires, il n’y avait plus rien à faire et je me suis lancé dans les activités pour gagner ma vie. A mes débuts je travaillais au Port Autonome de Cotonou mais finalement je me suis dit qu’il fallait que j’apprenne un métier au lieu de faire de longues études universitaires sans débouché ou à la clé être chômeur. C’est ce qui m’a motivé à apprendre un métier pratique pouvant m’assurer un gagne-pain au quotidien et surtout une source d’indépendance sans être sous les ordres d’un patron.   J’ai donc dans un premier temps décidé de suivre la formation en électricité bâtiment. J’ai appris et exercé pendant quelques années. Au fil du temps ce métier ne me plaisait plus et je me suis dit qu’il fallait que je me lance dans un autre secteur c’est de là que mon choix s’est porté sur la mécanique. Ce qui m’a au fait motivé à me lancer dans ce métier est en pratiquant ce métier j’aurai vite la possibilité d’avoir mon permis de conduire, d’être un mécanicien chauffeur. Si la mécanique ne marcherait plutôt, j’avancerai vers le transport et devenir un chauffeur transporteur.

LNM : Est-ce-que votre métier est rentable et quelles sont les avantages de ce métier que vous aviez choisi ?

Mr BALLET  : C’est un métier très intéressant et rentable étant donné que vous saviez que les gens doivent utiliser des véhicules et ces véhicules doivent se gâter. Même si le véhicule ne se gâte pas au moins un véhicule  aura une vidange à faire périodiquement donc une source permanente de revenus. Aujourd’hui compte tenu de la conjoncture mondiale et les difficultés économique du bénin nous n’avons plus la même fréquence de clients. Mais nous essayons de survivre et de gérer le quotidien, ce n’est pas mal. Je me ne mène plus aucune autre activité et j’arrive à m’occuper de ma petite famille. Je rends grâce à DIEU

LNM : Combien d’employés avez-vous dans votre garage ?

Mr BALLET  : Pour le moment compte tenu de la situation je n’ai qu’un seul employé et quatre apprentis en formation. A la fin de la semaine je les rémunère.

LNM : Depuis combien d’années votre garage a ouvert ?

Mr BALLET  : Je n’étais pas ici mais mon installation dans ce quartier date de en 2005. J’ai ouvert mon premier garage dans les années 1993 et c’est en 2005 que je suis arrivé dans ce quartier Houéyiho.

LNM : Qui sont vos clients ?

Mr BALLET  : J’ai un peu de clients : des particuliers, l’Etat à travers les ministères. Je répare les véhicules administratifs et j’ai aussi des clients de quelques sociétés de la place.

LNM : Quel chiffre d’affaires vous faites par semaine ou par mois ?

Mr BALLET  : Mon chiffre d’affaires tourne entre 8 et 15 millions l’année. Mais compte tenu de la situation économique les choses ne marchent plus comme avant.  On répare les véhicules de l’Etat mais nous ne sommes pas payés rapidement, cela prend des mois voire des années avant que l’Etat ne vous solde vos factures. Cette situation est désastreuse pour nous car nous m’arrivons pas à honorer nos engagements envers nos fournisseurs de pièces de rechange ou même les quelques institutions financières qui nous accompagnent. C’est à l’Etat de nous aider car plus vite nous somme payer plus nous allons faire des dépenses et l’économie va mieux tourner.

LNM : Quel mot vous avez à l’endroit de la jeunesse béninoise ?

Mr BALLET  : J’ai beaucoup de choses à dire aux jeunes parce qu’aujourd’hui, les jeunes n’aiment plus apprendre un métier. Les jeunes veulent le gain facile. Prenons un exemple simple si ouvrier arrive à l’apprentissage quand tu ne les surveille pas il commence par te voler. Les jeunes veulent grandir en un seul jour et s’enrichir facilement. Aujourd’hui je ne sais pas si c’est le chômage qui crée tout ça, les jeunes ne veulent plus rien apprendre. La plupart se lance dans l’activité de taxi moto communément appelé Zém alors que c’est une activité précaire à temps partiel dans avenir. La preuve au moment où moi j’étais chez mon patron en apprentissage, on était près de quarante-sept (47) apprentis mais aujourd’hui pour ne pas vous mentir on n’est pas plus de quatre ou trois à avoir un garage aujourd’hui. Parmi ma promotion les autres certains sont devenus chauffeur taxi, d’autres se sont retrouvé dans des projets et la majorité sont l’activité de taxi Zém. Donc si j’ai un conseil à lancer à l’endroit des jeunes aujourd’hui c’est d’apprendre des métiers et de bien le maitriser. Aujourd’hui à la sortie de l’université les entreprises te demandent ce que tu sais faire ? En quoi tu peux leur être utile ? Il faut que  les jeunes comprennent aujourd’hui qu’il faut nécessairement apprendre quelque chose et avoir la maîtrise pour pouvoir l’exercer correctement. Quand tu t’installes quelque part et qu’on t’amène un travail à faire il faut pouvoir le faire correctement et quand le travail est bien fait ce dernier peut te ramener beaucoup d’autres clients. C’est ainsi pour tous les autres métiers. Il ne suffit pas d’aller à l’apprentissage faire des années et dire j’ai fait tel nombre d’années mais il faut plutôt avoir la connaissance, la maîtrise du métier, la maîtrise de soi aussi parce que sans ça on n’est rien. Le conseil que je donne aux jeunes est qu’il faut qu’il aille apprendre un métier, de s’y donner véritablement pour pouvoir jouir des fruits demain.

LNM : Un mot de fin

Mr BALLET  : Il faut que l’Etat aide les opérateurs économiques et prestataires des ministères en soldant rapidement les factures. C’est le seul moyen pour relancer l’activité économique dans le pays. Quand l’Etat va payer ceux à qui il doit cela se sentira chez même chez la bonne dame qui vend  au bord de la voie, les commerçants vont vendre et tout le monde gagne de l’argent. Mais si l’Etat bloque tes factures des millions tu souffres et tu es harcelé par tes fournisseurs et partenaires financiers.

 

Auteur : MENSAH ESPOIR

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *