LADISLAS PROSPER AGBESI

LADISLAS PROSPER AGBESI 

UN HOMME DE TALENT ET DE RESEAUX EN TERRE ZULU

Son nom ne vous évoque rien ? Vous avez tort. Vous gagneriez à connaître le parcours exceptionnel de ce Béninois parti de chez lui sans le sous, pour bâtir quelques années plus tard un empire panafricain, à la force du poignet, suivant une courbe définitivement ascendante. Ladislas Agbesi, un poids lourd, un esprit vif, un homme puissant, qui a l’oreille de ceux qui tiennent les rênes de la planète.

Il n’a eu aucun mal à se faire embaucher en sortant de l’Institute of Management Studies d’Accra où il a étudié le Business Management (1993-1995). Il commence sa carrière chez Masai Developers en tant que Risk Manager (Gestionnaire de Risques) où son travail et ses excellents résultats sont publiquement reconnus ; ce qui lui vaudra de nombreuses distinctions (Awards, Prix spéciaux…). C’est donc assez naturellement qu’il obtient un succès d’estime assez rapide lorsqu’il lance sa propre firme, quelques années plus tard. Lash Consulting naît au milieu des années 90 et compte très tôt d’importants clients parmi lesquels la Caisse Française de Développement –aujourd’hui devenue l’AFD- qui lui confie de nombreuses missions de consulting. Plutôt que de se reposer sur ce confortable départ, Ladislas Agbesi, vingtenaire intrépide et visionnaire, renforce ses acquis avec une formation dispensée par le très prestigieux  McGill Institute, en 1997. Pendant ce temps, Lash Consulting continue son ascension fulgurante dans la sous-région. L’entreprise est, par exemple, au cœur du succès de l’ivoirien Arobase Telecoms, puisque depuis 1998 l’As béninois et son staff accompagnent l’opérateur dans une lutte acharnée de leadership contre France Telecoms. Quelques années et quelques coups de maître plus tard – notamment la signature d’accords habilement négociés avec le géant américain Ciena, spécialiste des réseaux de télécommunications- , Arobase Telecom est racheté par le Groupe MTN. Cette transaction est un ‘gros coup’ pour Ladislas Agbesi tant sur le plan professionnel vu le rôle qu’il a joué dans le jeu, que sur le plan personnel car ce stratège, en sus d’être prestataire était devenu actionnaire d’Arobase Telecoms.

Début d’une nouvelle ère

2003 marque l’ouverture d’une ère encore plus florissante pour le PDG de Lash Consulting qui multiplie les prouesses. Cette année-là, il décroche avec d’autres pointures rassemblées pour l’occasion et pour le compte de la compagnie SNC Lavalin, l’appel d’offre pour le Projet d’Interconnexion lancé par le Système d’échanges d’énergie électrique ouest-africain (EEEAO) et financé par la Banque Mondiale. La même année, sa compagnie s’associe à Tranxxcon pour créer Ghana Electrometer Limited qui emploie aujourd’hui plus de 400 personnes et dont il est depuis devenu l’actionnaire majoritaire. La firme, spécialisée dans la fabrication de différents types de compteurs, fournit le gouvernement ghanéen depuis plus de 10 ans. Et puisque c’est l’année des grands changements, l’entrepreneur béninois déménage ses bureaux en Afrique du Sud, où il commencera à diversifier davantage les investissements de sa compagnie. Les résultats de ce nouveau positionnement stratégique ne se feront pas attendre longtemps : en 2006, Lash Consult Petroleum –filiale de son groupe- est choisie par le gouvernement béninois pour construire le second plus grand parc de stockage de pétrole au Port Autonome de Cotonou. Aujourd’hui, avec des représentations dans plusieurs pays -sur 3 continents -Bénin, Ghana, Afrique du Sud, Allemagne et USA-, Lash Consulting a largement diversifié ses activités et intervient dans le commerce, la bourse, le pétrole, les services financiers, la logistique, les mines…Bref, une multinationale bien huilée qui possède des affaires et des parts un peu partout dans le monde.

PANAFRICANISTE

Visionnaire et attaché à son continent, Ladislas Agbesi est un Panafricaniste Convaincu. Cela explique son admiration pour le Président équato-guinéen, qu’il qualifie de ‘Grand Monsieur’. Avec quelques ‘amis’- comme il aime appeler ses associés en affaires- il a créé le Pan African Business Forum dont il est le Président Exécutif. Une organisation privée multilatérale impulsée par des hommes d’états, et des entrepreneurs ouest-africains majoritairement, dont le but est selon ses dires de « travailler sur les réformes pour permettre la mise en place d’un environnement accessible aux investisseurs, dans les différents pays africains». De l’avis de certains, le Pan African Business Forum est surtout une grosse machine de lobbying qui conseille par ailleurs les gouvernements du continent sur de multiples questions. Le « lobby » revendique une implication toute particulière dans les questions d’éducation.

L’éducation par l’information, la vraie information est devenue le leitmotiv de Ladislas. Le 1er mars 2015 il devient membre fondateur et le président du conseil d’administration de l’Agence News Africaine (ANA). L’Agence basée en Afrique du Sud qui est fondée avec un investissement initial de 20 millions de dollars va combler le déficit criard des informations en provenance et à destination des africains. Cet investissement traduit la volonté d’un africain à mettre en avant l’actualité de son continent.

 

Et ce n’est pas tout ! Celui qui est parti du Bénin avec à peine 5 000 F CFA en poche a cette qualité des grands hommes qu’est l’anticipation. Ainsi, a-t-il également participé à la mise en place du Fund Barak, un Fonds Agricole pour l’Afrique qui pèse près d’un milliard de dollars, qui a reçu la caution morale d’Hillary Clinton alors Secrétaire d’Etat des Etats-Unis- et le soutien financier de la Banque Mondiale. « Nous devons nous préoccuper du Food Security pour l’Afrique, d’autant plus que dans quelques années la vraie bataille se fera autour des terres et non plus du pétrole ». Une fois encore, l’homme a vu juste et a pris de l’avance.

HOMME DE RESEAUX ET DE POUVOIR

Le talent et le travail expliquent certainement comment Ladislas Agbessi, un Béninois parti de rien, est parvenu à se hisser dans les sphères et cercles les plus puissants du continent- et même au-delà- et à faire de son nom un label dans le gotha de la finance, des affaires… Toutefois, l’homme dispose d’après son entourage, de qualités managériales et relationnelles exceptionnelles qui sont bien plus qu’utiles dans la conduite d’une carrière de ce genre. Voyez par vous-même ! Alors que sa société n’avait encore que quelques années, sa solide réputation et ses faits d’armes lui ont valu d’être convié à intégrer de nombreux groupes d’influence tel que le Committee for Poverty Alleviation for Africa, dès la fin de la décennie 90.  En 2006, il assure la fonction de Conseiller Principal durant les réformes entreprises par l’Etat béninois dans le secteur pétrolier, dans le but de récupérer la SONACOP (Société Nationale de Commercialisation des Produits Pétroliers). Entre 2006 et 2010, ce membre actif de l’ANC est engagé par SNC Lavalin, firme avec laquelle sa propre société travaille depuis plusieurs années, pour conseiller le Vice-Président Afrique. Le Patron du désormais célèbre fonds d’investissement Lash Capital Group a également conseillé de nombreux pays africains dans le cadre d’un plan de réforme structurelle initié par le Département du Développement International (DFID). Plus récemment, il est devenu membre du Conseil d’Administration de Absa Barclays (filiale de Barclay’s en Afrique du Sud), Membre du Congrès des Entrepreneurs de Russie, Vice-Président du Fund Barak et bien sûr Président Exécutif du Pan African Business Forum.

Son poids sur le continent et notamment en Afrique du Sud ne se limite pas au seul secteur financier, et sa réputation n’est plus à faire. Pour preuve –s’il en fallait encore une- ce proche de l’ANC était aux avant-postes d’une intense campagne de lobbying pour motiver l’élection de l’ex-femme du Président Zuma au palmarès époustouflant (elle a occupé plusieurs postes ministériels pendant très longtemps), Nkosazana Dlamini-Zuma, à la Présidence de la Commission Africaine. Depuis 2012, cette dernière y siège. Sacré Ladislas ! Lobbyiste, homme d’affaires, visionnaire, génie financier, panafricaniste, et bien plus. Il ne s’arrête pas une seule seconde.

Ambition politique

Sollicité par les mouvements de jeunes et de femmes pour être candidat aux élections présidentielles de 2016, l’homme n’a pas pu résister. Il multiplie consultations et conseils afin de prendre la bonne décision. Mais en attendant, il a déjà une vision pour le pays : la nécessité de procéder à des réformes majeures dans les domaines de l’économie, des infrastructures, de l’éducation et de la sécurité. Une vision que les experts déclinent déjà en plan de développement économique et social.

Pour lui le Bénin est un pays qui doit profiter de sa proximité avec le Nigéria. ‘’Nous devons définir et développer une vraie politique industrielle et commerciale pour conquérir le marché nigérian qui est à notre portée’’, a-t-il expliqué .

Il est vrai qu’il n’est pas connu par le commun des béninois mais ses oeuvres parlent beaucoup. Il a initié le projet du Centre Bio Guerra qui sera une plateforme hôtelière et touristique ultramoderne non lion du marché de Dantokpa à Cotonou. En 2005, il affrète à l’équipe nationale un avion pour leur transport pour la CAN Junior. Son appui financier et logistique apporté à un groupe d’enseignements béninois venant régulièrement en Afrique du Sud démontre son côté social.

Est-il déjà las pour mettre son expérience au profit de son pays ? Non ! Et d’ailleurs, pourquoi ferait-il une pause quand il estime n’avoir « même pas réalisé 20% » de ce qu’il a à accomplir… ?

Auteur

ALISSOUTIN BAUNESTE

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